Le compostage des toilettes sèches

Le compostage des déchets de toilettes sèches

L’objectif de l’utilisation des toilettes sèches est, outre les énormes économies d’eau, de valoriser les déjections humaines en humus. Pour passer de nos toilettes à la terre, nos déjections doivent passer par le processus du compostage. Pour démystifier cette pratique, rien de tel qu’un petit tutoriel accompagné de quelques photos. Voici comment effectuer un bon compostage des toilettes sèches :

Du potager au compost
Cycle des matières avec compostage

Nous avons réalisé ce petit reportage à l’automne 2013, lors de la rotation annuelle que nous effectuons sur nos tas de compost. Cette opération m’a pris quelques heures un après-midi.

 

Pour rappel, lors d’un compostage naturel de résidus de toilettes sèches —c’est à dire sans cuve isolée, chauffée et ventilée—, il est préconisé de respecter un laps de temps de deux années avant de réintroduire l’humus obtenu au jardin. Ceci afin de venir à bout des organismes pathogènes les plus récalcitrants pouvant être contenus dans nos matières fécales.
Afin de respecter cette condition, il faudra donc disposer de trois espaces de compostage, qui peuvent être accolés, comme le montre la photo.

Compost en trois tas
Trois étapes pour le compostage

L’espace nécessaire représente environ 3 mètres par 1 mètre soit 3 m² pour une famille de quatre personnes. Nous sommes quatre personnes à la maison, deux adultes et deux enfants, et compostons au même endroit nos excrétas de toilettes sèches, épluchures de cuisine et résidus d’entretien d’un jardin de 2000m², soit des tontes, du feuillage etc… Ces trois catégories de « déchets », ou plutôt trésor potentiel, une fois mélangés, remplissent annuellement un volume d’environ 1000 litres.

L’organisation de nos composteurs se fait de la manière suivante, un premier composteur de 1000 litres reçoit nos matières compostables pendant un an. À la fin de cette première année, bien que le premier seau déversé aie déjà passé un an de compostage, le dernier, lui, vient juste d’être vidé. Il lui faut donc, lui aussi, passer deux ans de compostage. Pour ce faire, nous allons utiliser deux autres espaces de compostage qui permettront d’organiser une rotation pour laisser aux tas en décomposition deux années de repos supplémentaire (repos en apparence, car la vie est intense à l’intérieur, la faune du compost s’active pour transformer nos déjections en or brun). Seul l’espace nouvellement vidé recevra de nouvelles matières.

Premiers tas
Bac à compost première année

Ainsi, nous disposerons un deuxième composteur de 1000 litres pour y entreposer les matières qui ont séjourné dans le premier tas de remplissage. Notre premier composteur étant ainsi vidé, il va pouvoir accueillir de nouveau nos résidus pendant un an.

À la fin de cette première année de repos, notre compost est déjà bien décomposé, mais on peut constater que les copeaux ne le sont pas encore tout à fait.

Second tas
Second bac de stockage
Poignée d'humus
État de l’humus après un an

Si vous utilisez une litière plus facilement décomposable (paille broyée, feuilles sèches broyées, etc) il est probable que vous n’ayez, à ce stade plus aucune trace de celle-ci. Notre tas a réduit au moins de moitié et représente désormais un volume de 500 litres maximum. Nous allons donc le vider dans un troisième composteur de 500 litres où le compost passera sa deuxième et dernière année de repos.

Dernier tas vide
Dernier bac
Dernier tas rempli
Dernier tas

Le composteur de 1000 litres intermédiaire ainsi vidé, nous allons pouvoir, comme l’année précédente, le remplir avec les résidus que nous avons entreposés dans le composteur de remplissage. Laissant ce dernier vide pour le remplir à nouveau. Ainsi nous avons une rotation annuelle sur trois espaces.

Des 500 litres que nous avons mis dans le dernier tas de repos, il ne restera un an aprèsCompost_épanduque 200 litres environ que nous pourrons utiliser au jardin.

Nous avons ainsi valorisé les « déchets » (trésors potentiels) globalement au lieu de générer une pollution supplémentaire.

Cycle industriel cassé
Matières perdues avec l’eau

Quelques conseils pratiques

Il faut bien comprendre qu’un compost est plein de vie. Comme pour nous, l’air et l’eau sont indispensables à la vie du compost. Il faut donc vérifier de temps en temps que le compost reste bien aéré dans toutes ses strates et qu’il est suffisamment humide mais sans excès. Si des odeurs apparaissent, c’est pour vous alerter d’un dysfonctionnement sur un de ces deux points. Il existe aujourd’hui des outils simple pour aérer votre compost sans effort tel que le Brass’compost.

Brass'compost avec poignée rouge
Brass’compost
Espace paillé avant remplissage
Espace paillé avant remplissage

Nous conseillons à chaque mise à nue d’un tas, de le tapisser avec 15-20 cm de paille sur le sol avant de le remplir. Cette litière de fond permettra l’absorption des liquides en surplus.

Vous pouvez également couvrir vos tas au repos d’une bonne couche de paille, celle-ci permettra à votre compost de rester au chaud et de ne pas se dessécher trop vite.

Tas plein paillé
Tas plein paillé

Nous rappelons également que votre tas de compost doit impérativement être protégé de la pluie par un couvercle et placé de préférence à l’ombre pour éviter le dessèchement en période estivale.
Votre composteur doit fournir une bonne aération à son contenu. Si vous optez pour un composteur du commerce en plastique, ceux-ci manquent très souvent cruellement d’aération, alors n’hésitez pas à y faire des trous supplémentaire, de même pour certains modèles en bois.

Composteur grillagé
Composteur grillagé

Vous pouvez fabriquer vous-même vos composteurs à l’aide de palettes non traitées de récupération ou bien encore avec du grillage à poule, en formant un cylindre qui sera fermé par un fer à béton ou autre tige naturelle (roseau, noisetier).

Lécopot propose également sa propre gamme de composteurs spécialement étudiés et adaptés aux toilettes sèches.

Nous espérons que ces explications vous auront été utiles et qu’elles vous aideront, si ceci n’est pas encore fait, à passer aux toilettes sèches.

Nous comptons sur vous pour ensemencer la terre, et pour ne plus polluer nos eaux.

8 thoughts on “Le compostage des toilettes sèches

  1. Queffelec Laurent

    - Edit

    Reply

    Bonjour,

    La réglementation précise que le composteur doit être étanche afin que les exsudats ne viennent pas polluer la nappe phréatique. Il me semble que ce n’est pas le cas du modèle illustrant votre article. Pouvez-vous expliciter cet aspect?

    Cordialement,

    1. Bonjour,

      Cet aspect s’avère effectivement obligatoire lorsque le compostage est réalisé dans une zone à risque environnemental (sol rocheux, nappe phréatique très proche du sol). Ceci est assez rare et la plupart du temps, vous pouvez composter à même le sol, ce qui est préférable.
      Donc, pour conclure, oui, nos composteurs sont bien adaptés à la grande majorité des cas.

      Je vous remercie pour cette question et vous souhaite une belle journée.

  2. Bonjour, je trouve votre article très intéressant !
    J’ai juste une petite question: pourquoi ne pas simplement mettre dans le 2ème compost en début de deuxième année , et laisser le premier compost finir sa décomposition, et effectuer une rotation sur les 3 bacs, sans devoir les transvaser chaque année… Je ne suis pas sûre d »avoir été très claire mais j »espère que vous pourrez répondre à ma question!
    Bonne journée

    1. Bonjour,

      Vous pouvez tout à fait laisser le contenu dans le composteur.
      Cependant, l’intérêt de changer de composteur est de remélanger et aérer le compost au moins une fois l’an.
      De plus, ceci vous permet d’utiliser un bac plus petit pour la dernière année de compostage étant donné que le volume aura bien réduit. Ce que vous ne pourrez pas faire si vous laisser le contenu dans le même composteur pendant trois ans.

      Cette méthode est donc un peu plus chronophage mais garantit un meilleur processus de compostage tout en optimisant l’espace.

      Je vous remercie pour votre question et vous souhaite une excellente journée.

  3. Bonjour,
    j’utilise un sac compostable pour mes toilettes sèches, est-il préférable de mettre le sac ouvert dans le composteur, de le déchirer une fois dedans ? ou peut-on simplement attendre qu’il se décompose sans risque (le contenu resterait enfermé un certain temps …)
    Merci d’avance !

    1. Bonjour,

      Il est préférable de laisser le sac ouvert dans le composteur.

      Ou encore de le fermer, mais de le déchirer quelque peu à l’aide d’un outil une fois qu’il est dans le composteur.

      Sa dégradation sera plus rapide.

      Bonne journée.

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